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Etre esthéticienne et attendre bébé

C’EST NOUVEAU ! vous pouvez dès maintenant profiter de notre format audio pour écouter les articles du blog à tous moments de la journée. Nous vous souhaitons une bonne écoute ou bonne lecture selon votre choix ?

  Vous êtes déjà enceinte ou prévoyez dans un futur proche d’avoir un enfant …  Cet article est pour vous.

Vous vous posez un millier de questions. Et c’est tout à fait normal ? En fait ce ne sont que les premières questions d’une lonnnnnngue série si vous vous apprêtez à devenir maman.
« Comment gérer mon métier tout en me préservant ? Dois-je garder le même rythme de travail ? Vais-je pouvoir profiter d’un congé maternité normal ? Comment ne pas perdre ma clientèle ? et…. Comment maintenir mon C.A ? »
Autant de questions qui vous taraudent et vous empêchent de dormir la nuit !
Nous allons essayer de vous répondre pour que vous puissiez y voir plus clair.

Chères esthéticiennes,
Vous ne faites jamais les choses à moitié et êtes nombreuses à passer par le stade de la maternité pendant que vous êtes à votre compte. L’âge moyen d’une création d’entreprise étant aux alentours des 30 ans, vous aurez donc votre premier ou deuxième enfant en plein rush !

Il faut donc anticiper et réfléchir à une organisation nouvelle. Pour vous, votre bébé et aussi pour votre entreprise. En tant que professionnel de l’esthétique, vous travaillez debout une grande partie de la journée, utilisez des produits parfois nocifs pour les voies respiratoires. Vos horaires sont souvent bien loin des horaires aménagés des salariées et pour vous les 35h restent un doux rêve. Pour beaucoup d’entre vous, être cheffe d’entreprise c’est aussi porter une charge énorme, avec un niveau de stress important à gérer. Bon…  vous n’avez pas choisi la simplicité, mais à la clef…  quel bonheur !
Vous allez surement râler en comparant les avantages du salarié et les vôtres . Et c’est vrai qu’il existe encore un déséquilibre (malgré les efforts faits en 2019 pour uniformiser les droits des futures mamans. Mais le principal est de ne pas rester dans l’ignorance de vos droits.  Une esthéticienne avertie en vaut deux  !

 Les salariés

(et certaines d’entre vous le sont ! employées ou dirigeantes salariées, ce qui va suivre vous concerne)

Les salariées bénéficient :
– d’un congé maternité conséquent qui est de 16 semaines pour un premier ou deuxième enfant, 26 pour un troisième (si vous attendez des jumeaux , on passe à 34)                                                                                                                                                                                                                                                                                         – de la possibilité d’ajouter des congés payés non pris à leur congé mater’,
– elles peuvent même bénéficier d’un report de ces congés si ils expiraient au 31 mai,
-L’employeur peut adapter les horaires, en retirant 30 minutes à 1 heure de travail selon l’avancement de la grossesse.
– d’un droit de s’absenter pour les consultations obligatoires. Le médecin peut prescrire un congé pathologique, ce qui offre un mois supplémentaire en cas de grossesse difficile.
Les futures mamans salariées profitent donc d’avantages plus favorables
Et pendant ce congé maternité, les salariées continuent de cumuler des congés, dont elle pourront bénéficier ensuite. Un eldorado !

 Quant à vous professionnelles indépendantes

Pendant ce temps-là, vous essayez d’assumer vos horaires à rallonge, écoutez vos clientes pendant que votre dos souffre le martyre , tenez debout malgré vos varices, une rétention d’eau qui rend vos jambes plus lourdes que jamais… vous pencher durant les massages requiert désormais un équilibre inespéré. Votre bébé vous pousserait presque à vous affaler sur votre cliente. Ahhh la loi de la gravité ! Et à la fin de la journée, procéder à la désinfection et au nettoyage des locaux vous semble inhumain…

Si vous êtes esthéticienne à domicile, c’est un véritable parcours du combattant : les trajets et les vibrations de la voiture provoquent parfois des contactions. Vous appréhenderez un stationnement lointain et le transport de valises lourdes et encombrantes. Et avec un ventre qui grossit à vue d’œil, vos mouvements deviennent forcément plus limités Et si le café vous provoque des nausées que dire des colles, vernis et solvants en tous genres que vous utilisez tout au long de la journée ?!

Vous avez le plaisir de passer votre grossesse en plein Covid ? Vous pourrez apprécier le port du masque tout au long de la journée ! Et votre respiration en pâtit déjà avec les anémies et le diaphragme comprimé. QUE DU BONHEUR !
Bref ! Le portrait d’une grossesse rêvée…

Vous êtres très fortes, mais….

Alors, bon, vous êtes très fortes, travailleuses, et voulez prouver au monde entier que vous êtes déjà une mère extraordinaire, une femme d’affaire hors pair et vous assumerez souvent tout de front  (nous n’en doutons pas !) quitte parfois à ne pas vous écouter…  A ne pas écouter vos besoins.

En France, une femme bénéficie du congé maternité. Ne négligez pas ce droit car il est essentiel pour votre santé mais aussi celle de votre bébé. Les semaines après votre accouchement vous permettront de vous retrouver avec votre bébé et votre conjoint, mais aussi de vous retrouver vous, en tant que jeune maman, mais aussi en tant que femme. Vous avez fait naitre (ou accueillez) un petit être humain, mais une transformation personnelle est aussi en route, sachez
prendre soin de cette nouvelle personne, votre nouveau VOUS.

Votre congé maternité

 Depuis 2019 (Il était temps), les travailleuses indépendantes bénéficient des mêmes durées d’indemnisation que les salariées (cf tableau ci-dessous). Le montant du congé maternité correspond à 100% de votre rémunération. Si vous avez justifié 10 mois d’affiliation à la date prévue de votre accouchement (sous réserve de cesser toute activité pendant la période de perception et ce pendant 8 semaines dont 6 après accouchement, vous pouvez percevoir :

-Une allocation forfaitaire de repos maternel. L’Assurance Maladie verse cette allocation en deux temps : une première partie à la fin du 7e mois, puis le reste après l’accouchement. Montant total : 3428 €. Sauf si vous n’atteignez pas les 10% du plafond de la sécurité sociale : il faudra donc atteindre les 4113€ par an en 2021 à la date du 1 er versement. Si ce n’est pas le cas ; votre allocation sera de 342,80€
– Des indemnités journalières : en plus de l’allocation forfaitaire de repos maternel, vous pouvez bénéficier de l’indemnité journalière forfaitaire d’interruption d’activité. L’Assurance Maladie calcule ce montant à partir de votre revenu moyen des trois dernières années. En 2021, le montant maximum perçu par jour est de 56,35€.

Pour connaitre le montant de vos IJ, aidez-vous de ce simulateur : https://www.ameli.fr/assure/simulateur-maternite-paternite

 A noter :

Il n’est plus nécessaire que la cheffe d’entreprise soit à jour de ses cotisations sociales pour bénéficier des IJ maternité. Attention toutefois, il existe toujours un lien entre le montant des cotisations acquittées et celui des IJ perçues par la cheffe d’entreprise.

La CPAM, puisqu’elle est désormais celle qui prend en charge vos frais de santé, vous enverra un carnet regroupant les imprimés utiles à vos démarches de demande de prestations. Faites remplir par le professionnel de santé l’attestation médicale constatant le début de votre congé maternité. Adressez-la à votre caisse d’assurance maladie avec une attestation sur l’honneur selon laquelle vous cessez votre activité. Utilisez les imprimés de votre carnet de maternité afin d’être sûre que le professionnel de santé et vous indiquez bien toutes les informations nécessaires à votre caisse. Vous pouvez réduire la durée de votre congé maternité. Mais pour toucher vos indemnités journalières, vous devez arrêter votre activité au moins 8 semaines, dont 6 après l’accouchement.

La durée de votre congé maternité

Le médecin peut vous prescrire un arrêt de travail précoce en cas de risque d’accouchement prématuré ou de problème médical pour vous ou votre bébé. Les employées bénéficiant du statut de salariée bénéficieront d’un congé pathologique à hauteur de 6 semaines, alors que pour les indépendantes non salariées l’indemnisation suite à un arrêt d’activité, pourra courir uniquement sur 30 jours.
Sachez cependant qu’au vu de la pénibilité de votre travail, un médecin préconisera rapidement un congé pathologique si vous en émettez le souhait.

Tableau des congés maternité : https://www.cjoint.com/c/KHjmKwWYfWA

Et après la naissance ? 

Si vous accouchez plus de six semaines avant la date prévue, votre congé maternité reste intact. Le congé prénatal non pris se reporte simplement sur la période postnatale. En cas d’accouchement tardif, la date de fin du congé postnatal reste identique à la date initialement prévue. Et en cas d’allaitement ? Il n’existe pas de congé spécifique pour allaitement. L’allaitement ne permet pas de prolonger le congé postnatal

Mais le papa (ou le co parent) dans tout ça ?

À compter du 1er juillet 2021, la durée du congé pour le père (ou le second parent) d’un enfant à naître (ou adopté) double, passant de 14 à 28 jours, dont sept obligatoires à la naissance de bébé. Plus d’excuses pour les pères qui pensaient que pouponner étaient le rôle des mamans ! Et toc ! L’employeur prend en charge les trois jours du congé de naissance. La Sécurité sociale indemnise les 25 jours suivants. Les naissances multiples (jumeaux, triplés…) donnent toujours droit à sept jours supplémentaires. C’est une belle avancée pour l’égalité Homme/ Femme , sachant que le congé paternité était resté inchangé depuis 18 ans, nous pouvons désormais prétendre à une réelle implication du père.
Il peut alors tisser des liens uniques et profiter de moments précieux, sans pression.

 L’impact du COVID

Pendant la crise : des maternités fragilisées

A cause de l’absence ou de la baisse de cotisations pendant la crise Covid, près de la moitié des esthéticiennes ont repoussé leur projet maternité. 20% de celles qui ont eu un enfant, tout en étant indépendantes ont perçu l’allocation minimale (5,635€ d’indemnités journalières, 342€ de repos maternel). Nul besoin d’être comptable pour se rendre compte du risque financier pour l’entreprise et la situation personnelle de ces futures mamans qui n’auront pas pu jouir d’une maternité sereine… Lorsque le revenu est trop faible, le taux tombe à 10 %. Le congé maternité passe alors de 100 % à 10 %, une situation très mal vécue par les indépendantes qui demandent un congé réellement proportionnel à leur chiffre d’affaires.

Des inégalités qui persistent entre salariées et indépendantes

Il est vrai que malgré l’avancée de la France sur l’harmonisation des droits et un congé paternité rallongé, il reste un grand déséquilibre entre les statuts. Il faut dire qu’en tant qu’entrepreneur, vous aurez aussi à penser à toutes vos charges qui continueront à courir. Malheureusement l’allocation forfaitaire ne suffit pas à combler le trou occasionné par toutes les charges fixes d’une esthéticienne.
Aussi, souvent la meilleure solution est de trouver une esthéticienne de confiance qui prendra le relais. La délégation reste souvent très compliquée.
Préparer un projet de parentalité demande donc une vraie réflexion et une vraie organisation. Cela semble parfois  être de la folie, un saut vers l’inconnu terrifiant… Mais c’est souvent la seule grosse prise de risque que vous vous permettrez. Car elle en vaut la peine !

 

Quel que soit votre choix : attendre le bon moment, faire passer votre vie professionnelle en priorité (car vous vous êtes battue pour en arriver là) ou vous lancer dans la grande aventure de la maternité, nous vous souhaitons d’être heureuses, épanouies dans vos vies et de vous sentir remplies de beaux projets.

 

Article rédigé par Laure Sancerme

Là où l’expertise rencontre la féminité. Créée en 2014, Fille au Pluriel est née d’une aventure à deux et d’une idée simple : réinventer la cire à épiler pour en faire un véritable soin de beauté. Aujourd’hui, toute une équipe fait vivre cette belle histoire et perpétue l’esprit de la marque : exigence, savoir-faire et passion au service des esthéticiennes.

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